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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 17:04

 

 

Les moyens pédagogiques

 

Un environnement aménagé en aide à la vie:

 

Voici un petit cliché bien amusant du congrès Montessori AMI de Sydney ,en 2005.

Si vous avez le temps, allez à la rubrique photos, puis "home environment" (ou encore "home env") , et vous pourrez regarder quelques aménagements proposés pour les enfants, à la maison.

Des expositions similaires ont eu lieu en France, avec la présentatino d'un intérieur d'habitat proportionné à la taille d'un enfant. L'objectif n'était pas l'aménagement d'un milieu de vie comme aide à la croissance: il s'agissait avant tout de sécuriser et prévenir les accidents domestiques.

Or, si l'on pense en aide à la croissance, tout naturellement, la mise en pace d'un espace sécurisé se fera simultanément. 

A moins d'avoir tout compris de travers, et de penser que créer un environnement à la taille de l'enfant consiste à lui donner un tournevis qu'il mettra dans les prises électriques, pour faire comme les grands, au lieu d'y mettre les doigts...

Bon, je galège... 

AMI Sydney aménagement de l'environnement 007

Le sujet est des plus sérieux. Dans ce petit reportage, sur la maison géante, vous entendrez la spontnéité de la conclusion, dans les propos d'une maman: "on arrête pas de dire non, mais on ne s'est jamais mis à la place de l'enfant de deux ans". C'est une action de prévention organisée par une association. 

La démarche est là: non pas la paranoïa de l'accident à tous les angles, mais l'aménagement d'un milieu quotidien adapté aux enfants.

 

 

Pour mieux aborder la scolarisation de l'enfant malade, il suffit d'ajouter aux exemples des enfants de deux ans les paramètres suivants:

- les appareils médicaux: l'enfant est branché parfois avec un, deux cathlons, une lunette d'oxygène. Il a un cathéter central, porte un masque, ou l'entourage est casqué, botté, masqué. Il est nourri par sonde, a besoin de faire des dosages glycémies, Inr etc...)

- les paramètres physiques: il souffre de paralysie corporelle d'une main, d'un membre ; il est fatigué; il ne peut ni s'habiler, ni manger, ni marcher seul. Il ne peut pas s'exprimer clairement, ou même ne parle pas du tout. Il a besoin d'aide pour communiquer.

Sa sensorialité est peut-être affectée (vue - ouïe - toucher); il se nourrit, une nourriture adaptée, mais fort différente des enfants de son âge.

- il est soumis à des impératifs thérapeutiques: prises de médicaments régulière, qui coupent l'appétit, rendent nauséeux. Il lui faut de la rééducation.

Pas la peine de continuer le tableau: chaque cas est différent, chaque enfant est unique.

Mais le parcours reste toujours le même: celui du combattant.

quelques pistes pour améliorer et faciliter le quotidien:

PARLER de la maladie en toute simplicité:

Pour permettre une bonne intégration en groupe, il faut parler en toute simplicité, sans entrer dans les détails personnels ( la vie de l'enfant n'appartient à personne, ni aux accompagnants, ni aux copains), il ne faut pas hésiter à dire les choses qui sont importantes.

Il faut apprivoiser la peur de la différence, la peur de l'autre, et aider à un vivre en commun.

exemple: les marques extérieures de la maladie:

Pour la leucémie, l'une des plus visibles ce sont les cheveux

Et bien ce n'est que temporaire, et ça repousse. 

exemple: l'hygiène est un réflexe.

Nous avons aménagé la maison: il y a des lave-mains dans tous les endroits stratégiques, et les enrhumés sont gentiment invités à prendre un masque. C'est comme cela. On évite de toucher la main des enfants à tout bout de champ.

Pour l'anecdote, j'ai eu un jour une AVS qui était enrhumée, restait assise à côté de l'enfant, empilant les uns après les autres mouchoirs sur mouchoir sur la table, avant de les mettre à la poubelle, restant sans masque... C'est très difficile à faire passer: les gens voient d'abord la contrainte qui va leurêtre imposée, parce qu ela conséquence est irréelle. Comment croire qu'un petit rhume, une petite bronchite, une rougeole à la maison, une varicelle, puissent être aussi contraignants? N'imaginez pas, vous ne pouvez pas, la tête que j'ai pu faire quand une voisine a cru bon de nous rendre visite avec une enfant sous le bras, "en fin de coqueluche", juste en fin, avec des quintes à faire raisonner une sapinière...

Après un séjour de rigueur hospitalière,  le simple fait d'entrer dans un transport en commun vous met dans une transe meurtrière... Vous devenez un frère ou une soeur de Monk... Mais bon, là , ça passe.

principale exigence avec les adultes: la charité du masque en cas de petite misère ORL

C'est un peu comme la place de parking "handicapé": si tu ne veux pas du masque, prends ma maladie!

exemple: l'aide aux gestes de tous les jours:

Il est fréquent d'affirmer qu'un enfant malade connaît ses limites et gèrera lui-même en cas de difficultés.

C'est vrai, généralement juqu'à 6 ans.

mais attention: L'enfant malade peut assez vite, lui aussi, être pris par la spirale du moule commun et vouloir tout faire comme les autres. Il peut même être piégé: la barre sera trop haute par rapport à ses possibilités.

Il a besoin de la vigilance de l'adulte qui accepte dès le départ ces limites, et laisse la porte ouverte soit au dépassement, soit à l'acceptation de la difficulté.

exemple concret: porter le cartable ou les objets courants lourds d'un enfant cardiaque (chaise de classe etc). Certaines écoles ont, par exemple, proposer pour la cantine que l'enfant mange tranquillement avec l'un de ses camarades, tous chacun à leur tour.

La démarche du vivre ensemble est réciproque: elle nécessite un pas des autres pour aider tout le monde à grandir, et pas simplement de se serrer un peu plus sur un banc pour laisser un peu de place à plus faible, plus fragile que soi.

Il faut donc penser à l'avance aux gestes quotidiens qui nécessitent un coup de pouce pour le "vivre ensemble". Et rappeler aux adultes qui n'ont pas conscience de cet univers ( comme dans la maison géante avec les enfants de deux ans) que s'intégrer, ce n'est pas forcer. C'est une affaire d'équilibre. Il faut raisonner en termes de croissance. Aider à grandir.

Dans certains services, du personnel hospitalier formé peut s'adresser aux professionnels de l'école et aux enfants de la classe AVANT la réintégration , pour expliquer la maladie, et répondre aux questions des élèves, en l'absence de leur camarade, et permettre un meilleur accueil.

Il ne faut pas hésiter à préparer le retour au domicile après de longues hospitalisations avec des membres de l'équipe qui suit l'enfant. 

Comment aménager l'environnement?

Il faut essayer de tout simplifier, pour que la vie garde ses droits.

Chez nous, la maison est grande, et nous avons laissé le salon, transformé en chambre et espace de vie. Le volume de cette pièce agréable et spacieuse, qui, du coup, rend discrets les appareils médicaux. Ils sont là, mais intégrés et pas omniprésents.

C'est aménagé un peu comme une "ambiance": il y a un espace pour les soins infirmiers, un grand espace pour les jeux, avec des tapis pour permettre de s'allonger et de continuer à même le sol. La kiné et psychomotricité peuvent se faire à la maison.

Tout est prévu pour l'accueil des enseignants: bureau, étagères, crayons etc.

Le lit n'est plus contre un mur: il est accessible des deux côtés pour les soins.(quand il faut changer de bras pour les prélèvements) 

Le matériel scolaire est sur des étagères, mais, à la différence d'une classe, il est rangé pour s'adapter au nomadisme hospitalier.

Vincent ne dort pas dans une école!!! Le matériel n'est pas découvert sur les étagères toute la journée, mais est classé et rangé dans des boîtes. 

pas de placard:pour es jeux,  tout est dans des étagères à tiroirs, pouvant être fermés par un couvercle. 

Les livres , documents et dvd sont accessibles à tout moment, dans des bibus.

l'intérêt de l'ordinateur portable : la compensation du handicap

Pour permettre de s'exprimer par écrit, de travailler, nous avons un Macbook, prêté par l'académie, en tant que matériel d'daptation au handicap.

En effet, Vincent est paralysé de la main: un clavier ergonomique adapté aurait coûté plusieurs milliers d'euros, avec parfois un fonctionnement un peu compliqué.
Or, le clavier extra-plat du Mac, combiné à la possibilité d'un petit clavier extra-plat qui fonctionne à distance (on peut travailler en binôme, enfant et adulte) est une alternative tout à fait raisonnable. 
Le travail est saisi sur l'ordinateur, et transféré sur une clé usb qui peut être transmise et gardée par l'enseignant. Il peut ainsi donner du travail, corriger les dictées (mais là, il faut bie surveiller, car il y a les correcteurs d'orthographe...).
 

Les travaux rédigés sont imprimés. 

Autre avantage: un ordinateur prend peu de place quand on part à l'hôpital, on peut ainsi l'embarquer partout avec soi.

 Pour les accros à la pédagogie, les prochains billets seront plus didactiques.

Mais la maladie au quotidien , c'est un tout.

Pour la dépasser et l'oublier, il ne suffit pas de l'occulter. Il faut au contraire composer, vivre avec.

 

Bonne journée et à bientôt,

 

erminig

 

 

 

 

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