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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 23:48

 

Et oui,  c'est reparti:    

Ce n'est pas la nouvelle année, non, c'est juste la rentrée.

Après autant de semaines de silence, ce sera un peu long.

Une pensée pour vous tous, pour nos amis , et pour tous les inconnus de passage sur ce blog.

C'est tellement bon de vous retrouver et de partager.

J'aime tant ces dernières heures d'été, ces journées, l'imperceptible modification de l'air, de la lumière, un petit fil de fraîcheur automnale se glisse entre les temps du jour...

Les pommes ne sont pas encore mûres, le dernier ciel d'été est sans nuage, mais la brièveté des jours rend l'avancée des nuits plus douce, avant les premiers froids.

Cette année, on glisse un oeil plus tendu sur les lignes du "mercure"... Tenir jusque mi-octobre, pour le chauffage: c'est peut-être parti pour être dur...Les premiers vols d'oiseaux migrateurs en direction du sud ont été aperçus en début de semaine. C'est très tôt.

On monte le bois, pour préparer une flambée "au cas où".

Et ces jours-ci, c'était encore l'effervescence: la rentrée... La course aux fournitures, l'odeur du papier, la magie des gommes blanches et des tout nouveaux cahiers, livres, crayons "à mâcher"...

mais maman, vous vous égarez! 

Ce n'est pas l'école de La République, de la craie et des encriers.

Maintenant c'est patafix, clé "hue-est-ce- bêé" (Pensez à "Shaun le mouton" et écoutééééééh )- et surtout pas de cahiéééééééh! yèh!

On a fui les grandes surfaces, les longs préparatifs, des semaines à l'avance. Avec beaucoup de satisfaction, notre petite équipe ne s'en est pas mal tirée. 

Alors voilà: deux jours, et ce fut bouclé!

Bon. Ne soyons pas trop gaillards: il manque encore quelques papiers et des bricoles par-ci, par-là: ces dernières années marquées par la maladie et les hôpitaux n'ont pas arrangé ma révolte chronique contre l'acharnement thé... non, administratif... mais bon, tout le monde s'en remet.

Les certificats médicaux sont finalisés. J'attends de pied ferme le prochain "vikände" pour entendre le fiston pensionnaire me demander au dernier moment, le samedi, à 18h55, tout ce qui lui manque pour la semaine suivante. Là, le train-train scolaire sera bien en place!!! Reste juste à connaître la réaction: resterai-je d'un calme olympien, d'une béate placitude, ou serai-je à nouveau prête à bouillir pour cette tracasserie hebdomadaire? 

On verra!

 

Passons donc en attendant aux nouvelles,

avec ce pêle-mêle de rentrée

 

Leucémie, nouvelles du front:

 

Dix-huitième et dernière ponction lombaire.

 

Il y a en avait tellement que l'on ne les comptait plus... ou presque, parce que cette fois-ci, Vincent ne s'y est pas trompé: pas question de ne pas la fêter. 

Le traitement de la Lal B en protocole fralle 2000 comprend un nombre de PL assez important.

Honnêtement, personne n'aime: ni les parents, ni les soignants, et encore moins les plus intéressés, les enfants. 

En fait la dernière, ce n'est pas tout à fait exact. 

Il en reste encore une, la "dèr-de-dèr", qui sera faite en même temps que le dernier myélogramme, à la fin de la chimio d'entretien, en avril prochain. Mais comme ce sera sous anesthésie générale "ça ne compte pas" disent les soignants. Ouaip. enfin, je voudrais bien les y voir...

On avance vers la guérison, que l'on espère un jour, totale.

Le matin de la prérentrée, j'ai reçu une douche froide: un parent, en regardant Vincent, déclare " enfin, au moins, vous avez gagné trois ans pour l'instant!"

Je ne suis pas tout à fait sûre qu'elle se soit rendu compte de ce qu'elle me sortait. Et c'est là que j'ai réalisé: oui, nous vivons au jour le jour, un jour après l'autre, mais chaque marche dans notre tête, ajoutée à toutes celles d'hier, c'est quand même bien un escalier. Alors les trois ans gagnés sont toujours engagés dans un espace plus grand, un espace infini. 

Nous ne nous aventurerons pas plus loin sur le chemin d'aujourd'hui.

Pour l'instant, Vincent est heureux et il va aussi bien que possible. Il a même renoué avec la joie de la piscine, chez des amis. un vrai bonheur pour lui.

 

Chronique du poulailler: les animaux sont liturgiques!

Non, franchement, avec nos poules, ce n'est jamais fini.

Vincent déclarait il y a quelques semaines: "la maison est devenu un vrai zoo".

Notre ménagerie, limitée pendant des décennies aux seuls poissons rouges, après l'introduction des gallinacées en avril 2011, a vu arriver cette année, après nos amies les oies, des compères félins , jusqu'alors formellement interdits de séjour .

Les soupirs des garçons n'y avaient rien fait.

Non, vraiment, ils se heurtaient à un mur d'incompréhension maternelle.
Des chats ok, mais qui, au final devra s'en occuper? niet , niet, et reniet.

 Le retour de leur soeur à la maison, ses deux félins dans les bagages, était un beau pied-de-nez à leur intraitable mère: les garçons étaient enchantés, séduits par la grâce de ces deux... coquines. 

Enfin, du moins, au début...

On me disait que c'était terrible la reproduction des souris.

C'était sans compter celle de leurs prédateurs...

Les deux chattes préférées de notre fille, (sales) bêtes câlines, cloîtrées jusqu'alors en appartement, jouèrent les mijorées timides, mouais, oies blanches sous peau de panthère.

Cela a marché...

Les premiers mois...

Passé le temps de l'acclimatation et des premières promenades, ces demoiselles ont goûté l'air de la campagne. Elles l'ont même dégusté. Et du cloître, ont fait le mur... 

Je vous fais grâce des nuits de miaulements ennamourés, envoûtées par les mâles polyphonies nocturnes. Et des batailles au clair de lune. Et des courses dans les jardins.

      Que c'est beau tout cela, la liberté, le cloître envolé , et la gamelle toujours bien pleine!

Mais un beau jour, les silhouettes trahirent un léger emballement que ne pouvait expliquer un poil mieux lustré...

Bref, la plus délurée devança Noël en nous offrant une portée de 4 chatons noirauds, en toute fin d'avent.

A peine étaient-ils casés et sevrés, qu'elle remit sa petite affaire le plus liturgiquement du monde pour le jour de Pâques. Et vlan, quatre noirauds.

Quant à sa commère, âgée de cinq ans ou presque, et toujours sans "enfant", tout le monde était persuadé qu'un certain vétérinaire avait dû lui faire sa petite affaire depuis belle lurette, ou que la machine était un peu détraquée.

Que nenni!

Et paf: voilà la Pentecôte qui arrive, et elle se surpasse! Une portée, et sept minets. Pensez-donc: toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. (l'un d'entre eux ne survécut pas).

Et comme si le zoo ne suffisait pas, il y eut encore en prime:

- la course aux puces, qui furent tout sauf savantes ,

- l'exténuation pour caser toute cette descendance (vive le marché et son coin aux chats. Avec 5 en vingt minutes, c'est le plus efficace. Qu'on s le dise!)

- la disparition suspecte de l'un de nos deux poissons rouges (non, nous n'avons pas retrouvé dans le salon les restes du malheureux: l'abondante gente féline s'est chargé sans doute d'un voyage ad patrem...)

Puis, le jour où la chatte, ayant sevré ses petits, fut emmenée dans un panier chez Monsieur Le Véto, pour lui régler sa petite affaire, c'est la poule qui a pris le relais.

La poule rousse, celle que l'on ne voyait plus, avait donc couvé avec soin et venait nous présenter sa toute nouvelle marmaille, cinq poussins jaunes et deux noirs, vigoureux petits "fillots" de notre défunt "DSK" (voir les articles précédents sur l'illustre coq Marans).
Enfin une bonne nouvelle! les naissances comblent les pertes de Madame Goupil.

La poule rousse se montre très bonne couveuse, et parfaite éducatrice, plus consciencieuse que les coucous de Marans.

C'est aussi pour nous un suci en moins: les couveuses, c'est beaucoup de travail supplémentaire. Ici, la poule fait tout le travail, et monte très vaillamment la garde: gare aux matous trop gourmands! elle leur fonce dessus à coups de bec, qui les font détaler bien vite. Pour l'instant, il n'y a pas de perte.

Conclusion: il ne faut plus parler de chat aux garçons. Même si Vincent serait bien tenté de garder le dernier petit noiraud tout mignon. Entre les litières, les gamelles et les chevilles dévorées par les puces, leur passion pour les félins a pris en traitement, il faut le reconnaître, de choc. Et l'exercice de vie pratique imposé par leur soeur (partie, elle, en vacances) les a conduit au pragmatime. D'autant que la deuxième coquine, n'étant pas encore passée pour une séance "couci-couic" commence pour la troisième fois à avoir un flanc arrondi...

 

Rentrée éthique: les nuits blanches

Fini le temps des "faiseurs d'anges"

Bonjour le temps des faiseurs d'enfants

 

Là c'est moins plaisant.

On a l'impression que le monde s'affole, partant en directions plus aberrrantes les unes que les autres.

Je ne vais pas m'appesantir aujourd'hui sur tout ce que nous serine les médias:

le mariage homosexuel, avec interdiction de clause de conscience pour les maires qui refuseraient ;

la conception pour autrui, avec ces cliniques indiennes, ces nouvelles femmes, mère porteuses par pauvreté, 

l'euthanasie, à leur demande, des mineurs en Belgique;

l'infanticide légalisé,à la demande des parents puisque s'il y avait eu diagnostic, un avortement thérapeutique aurait été pratiqué (devenu IMG, parce que l'on ne voit pas bien ce qu'il y a de tharépeutique dan sun avortement, si l'on s'en tient au sens de "soin").

Une nuit d'insomnie, je suis tombée par hasard sur des blogs et forums de discussion de femmes ayant recours à la PMA et/ou aux fivettes, bref, le parcours des couples stériles dans les mains des nouveaux dieux, les équipes de "faiseurs d'enfants".

Le parcours ordinaire d'une femme, d'un couple , en souffrance, et qui essaie à tout prix d'avoir un enfant, dans la répétitivité des témoignages, n'est qu'une cascade, un engrenage d'expériences, rodées, toutes plus scandaleuses les unes que les autres.

On y apprend que les femmes concevant de manière ordinaire sont des "dindes". Si l'on entend par-là la faculté de la dinde à couver n'importe quoi, du moment qu'on lui mette une couverture sur le dos. Génial... Mesdames, nous ne quittons pas le poulailler.

Donc, une femme qui, contre toute espérance, conçoit de manière naturelle "malgré" son parcours de PMA, rejoint le clan des dindes.

En début de parcours, on recommande aux couples soupçonnés d'infertilité, d'avoir recours au préservatif pendant trois mois . Histoire de ne pas mettre une grossesse en route.

Après la stimulation ovarienne, les précieux ovules sont fécondés.  Avec ou non le sperme de monsieur. C'est selon.

On sélectionne, féconde en allant directement dans le noyau, bref, toutes les "recettes" y passent.

Alors, certaines blogueuses vous parlent de leurs pingouins. Par exemple: "j'ai dix pingouins au frigo". Comprenez dix embryons.

Trois sont implantés.

Pas de bol: ils ont tous "pris".

Et c'est parti pour une réduction embryonnaire.

On en garde deux. En croisant les doigts pour que le "gygy" (comprenez 'gynéco') laissent "les meilleurs", "les bons", les "costauds", les "moins faiblards"...

et puis c'est le parcours des fausses-couches, l'effondrement des échecs enfilés les uns après les autres, l'épuisement des couples. 

Et parfois, un enfant, ou deux, au bout du parcours.

Une question cependant, oui, je l'ose: cet enfant, issu d'un parcours de souffrance, d'une éthique ordonnée à tout prix à la productivité d'un résultat, quelle sera sa vie, sa relation aux autres, mais surtout, quelle sera la relation de ses parents avec une recherche de l'enfant à tout prix, sans maladie, conçu, congelé, sélectionné, trié, choisi?

quelle attente parentale sera au-dessus de sa tête?

J'avous qu'à sa place, j'aurais un malin plaisir à déjouer cette attente parentale, à renvoyer un message du genre "vous m'avez voulu, et ben voilà ce que vous voulez". Et vlan. Je sais. L'assistante sociale et la psychologue sont devenues les deux mamelles de l'hôpital...

Les antiques spartiates triaient les plus faibles dès la naissance. La sélection fut impitoyable: seuls les êtres forts trouvaient grâce à leurs yeux. Résultat: une civilisation sans trace, sans écrivain, sans artiste, sans penseur.

(je ne dis pas que tous les artistes sont des maigrichons rachitiques à la naissance...je dis que les critètres de sélection des spartiates ont porté leurs fruits au combat, mais n'ont pas fondé une civilisation. Nuance).

 

Ici, on fait pire: on élimine tout ce qui ne serait pas parfait. Et l'on recherche tout ce qui pourrait améliorer le résultat.

J'oubliais, dans ce chapelet éthique de la rentrée: on a encore améliorer la chasse aux "trisos". Finie la vilaine amiocentèse, avec son risque de fausse-couche et surtout les faux positifs qui , en amont, poussaient son indication. La France est géniale: 96% des cas de trisomie sont détectés. Quelle performance! Vous lisez bien: on a encore 5% d'échec... On va guérir la maladie: on élimine tous les malades... Un nouveau test sanguin, pas cher, testé déjà par chez nous, va être généralisé. Et youpiiii: il peut être fait avant le seuil fatidiques des douze semaines (comprenez d'aménorrhée...) Comment? Vous ne voyez pas? Il n'y aura plus besoin de stresser pour des avortements tardifs, doulourux et dangereux. On va juste se contenter d'une IVG. Ni vu, ni connu, c'est dans les délais, et donc beaucoup moins compliqué.

Il y a encore ce dernier scandale: cette femme, enceinte de jumelles. Là non plus, pas de bol: elle voulait des garçons. Ce n'était pas un parcours de Pma. Mais elle a avorté. A cinq mois et demi.

On vit une époque FOR-MI-DA-BLE.

Avec un retour à la barbarie ordinaire accélérée, organisée, institutionalisée.

 

Where is the problem?

Alors je vous renvoie sur le net, sur le témoignage de cette jeune femme , décédée d'une leucémie secondaire, déclarée pendant sa deuxième grossesse, et dont la jeune soeur a tenu un blog pour s'aider à faire face au deuil:

 

La vie mérite d'être vécue.

On ne sait pas tout.

On ne sait pas pourquoi. Ça, cela nous dépasse.


link

 

En attendant de vos nouvelles, 

à bientôt tous!

kenavo,

erminig

 


 

 

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